MATIÈRES PREMIÈRES : LE DÉFI DE LA TRANSFORMATION INDUSTRIELLE POUR LA GUINÉE

 

Ce mercredi 28 avril 2021, le Premier Ministre Chef du Gouvernement était l’invité d’honneur de la fondation “Prospective et innovation” de l’ancien Premier Ministre français Jean Pierre Raffarin. Un webinaire sur « les matières premières et décollage de l’Afrique » auquel ont participé Philippe CHALMIN professeur des universités à l’université Paris, Dauphine et Yves JEGOUREL professeur des universités à l’université de Bordeaux.

A l’ouverture de la session, Jean Pierre Raffarin a apprécié la participation de la Guinée à la visio-conférence compte-tenu du potentiel minier du pays et des réalités qu’il vit dans ce domaine.

Dr Ibrahima Kassory Fofana a exposé l’expérience guinéenne dans la gestion minière et les mécanismes mis en place pour faire bénéficier aux populations les retombées de l’exploitation minière.

Dans sa communication le Premier Ministre a décrit les différentes étapes du processus de développement du secteur minier guinéen. « Pour pouvoir envisager la transformation industrielle, il a fallu d’abord mettre de l’ordre dans notre secteur minier, il a fallu le reprendre en main. Il était mal géré. C’est depuis seulement dix ans sous le leadership du Président de la République Pr Alpha CONDE que le secteur minier a progressivement retrouvé son dynamisme.  Il a été reformé. Une nouvelle politique minière a été adopté. Le cadastre minier et un code minier plus adaptés ont créé un cadre propice aux investissements »   lance t-il tout en faisant comprendre que ces reformes ont permet d’attirer six milliards d’investissement dans le secteur minier ces dernières années faisant passer la production de la bauxite de 20 millions de tonne par an à 80 millions de tonnes par an.

Assurant que l’objectif stratégique du Gouvernement est de détacher la Guinée de la simple extraction minière pour passer à la transformation industrielle, le Premier ministre annonce que 10 projets de construction d’usines de transformation de la bauxite en alumine sont en étude dont 3 en phase de maturité. Le pays veut désormais plus de valeur ajoutée : « La bauxite se vend entre 40 et 50 dollars la tonne. Avec deux tonnes et demi, vous produisez une tonne d’alumine qui, elle, se vend à environ 300 dollars. Quant à l’aluminium, le cours mondial se situe autour de 2000 dollars la tonne et il vous faut pour la produire deux tonnes d’alumines. Si vous faites le calcul, chaque étape de la transformation permet de créer trois fois plus de valeur ajoutée. Et cela permet de générer plus de revenus pour toutes les parties, y compris pour l’Etat » explique Dr Ibrahima Kassory FOFANA .

Sur le chemin de la transformation industrielle, le Premier Ministre a relevé les efforts entrepris dans l’amélioration de la desserte en énergie électrique avec la construction de deux barrages hydro-électriques qui ont permis d’augmenter la capacité énergétique de 700 mégawatts. Pendant ce temps un autre barrage en cours de construction va apporter 300 mégawatts. Sur les moyens de mettre à profit les mines pour impulser le développement à la base, Dr Kassory Fofana présente l’expérience guinéenne de  l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC) grâce à laquelle 15 % des revenus des mines sont investis dans la construction d’infrastructures dans les communes.

Les revenus miniers pour financer le développement agricole

Si essentiellement les débats ont porté sur les questions minières et l’industrialisation dans le secteur, le Chef du Gouvernement guinéen n’a pas manqué de faire le lien entre l’essor du secteur minier et les opportunités qui s’offrent pour moderniser l’agriculture. « La Guinée regorge 12 millions d’ha de terres arables…. C’est donc à partir de ces deux leviers, les mines et l’agriculture que nous comptons opérer à terme une transformation structurelle de notre économie » martèle le premier ministre.

Au Chapitre des difficultés, le Premier Ministre évoque la question de la mobilisation du financement. « Nos pays présentent malheureusement des profils de risques élevés, même si je dois dire que les perceptions sont souvent décolorées de la réalité. En tout état de cause, cela renchérit les coût des capitaux pour un investisseur ».

S’adressant ensuite a de potentiels investisseurs occidentaux, Dr Ibrahima Kassory Fofana formule un souhait : « la France et l’Europe, pouvoirs publics et investisseurs institutionnels pourraient nous accompagner dans la mise en place d’instruments de garantie, d’atténuation et de mitigation de risques financiers et commerciaux ».

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